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 Journée brumeuse

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AuteurMessage
Alexandra
Jeune lecteur
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Messages : 45
Date d'inscription : 04/03/2012
Age : 25

MessageSujet: Journée brumeuse   Mer 7 Mar - 9:35

Bon, je n’ai plus de papier. Il va falloir que j’aille en chercher au magasin à côté.

Je regarde par la fenêtre, un immense brouillard à couper au couteau bouche ma vue. D’habitude, je vois la place de Tournai et les cinq clochers au loin. Plus près, l’horloge de l’église St Jacques m’indique généralement l’heure, sauf aujourd’hui…
Un ciel blanc, blanc de blanc. On entend au loin le ronronnement d’une péniche qui passe. Cependant, je suis certaine qu’on ne doit pas l’apercevoir des quais…

Je mets mes bottes, mon manteau noir élimé mais que j’adore. Il y a déjà quelques hivers que je le mets, mais on ne m’ a pas encore fait de remarque. Maintenant c’est au tour de l’écharpe : une belle écharpe multicolore, rouge, bleu, verte, indienne qu’on m’a offert pour mon anniversaire il y a 6 jours. Mes gants, mon sac, parfait, je suis prête.

Qu’est-ce que je suis fatiguée aujourd’hui ! J’ai pourtant dormi huit heures. Il faudra que je fasse une sieste. La clé tourne difficilement dans la serrure. Finalement le bruit du verrou résonne. La porte est fermée, excellent.

Je marche dans le long couloir de l’internat. Des dizaines de portes blanches sont alternées, avec des chiffres dorés au-dessus du linteau. Le bruit de mes pas ne résonne doucement sur la moquette rose pâle.

Enfin j’arrive dans le grand escalier. Une immense structure en bois, qui dessert trois étages. Au 2ème palier, j’aperçois les quais : blanc. L’ombre d’une branche d’arbre dénudée traverse le paysage.
Dans les couloirs en bas : personne. Quelques lumières jaunes, des bruits de papiers, quelques conversations égarées, rien d’intéressant.

Nous voici devant la porte d’entrée. La secrétaire sur le côté ne semble pas prêter attention à ma présence. Poliment, je lui laisse quand même un bonjour, qui se perd dans l’atmosphère du hall.
Ma main attrape la poignée, et la lourde porte de chêne coulisse, dévoilant un monde…. Embrumé, embué, blanc, froid mais pas glacial, silencieux, absent.

La porte se referme, et je suis dehors. Une brise caresse mon visage. Je me frotte les yeux : je suis vraiment fatiguée.
Rehaussant mon écharpe sur le bout de mon nez, je me mets en marche vers la supérette. Il y a des feuilles sur les pavés. Parfois il me semble que je croise quelqu’un, mais ce ne sont que des ombres éphémères, aux couleurs blanchies par le brouillard.

Dans la supérette, il fait chaud. Atmosphère vivante, animée, mais étrangement calme malgré tout. Le temps aurait-il effet aussi sur les gens ?
Je regarde les blocs de feuilles. 5 euros pour trois, 5 euros, 4, 50…. Trop cher. Tant pis, j’irai en acheter ailleurs, demain.
Je scrute les rayons aux prix abracadabrants, puis ressort sans rien acheter. L’escalator glisse doucement, et après une éternité, j’arrive sur la terre ferme.

Il ne me reste plus qu’à rentrer. Heureusement ce n’est pas très loin.
Je décide de revenir par les quais : je traverse les travaux, et passe sous la ligne des arbres dénudés, fossilisés, statufiés, pétrifiés, dont quelques feuilles parviennent encore à rester fixées.

Il fait si calme soudain… Je m’appuie sur la barrière et regarde l’eau. L’Escaut coule rapidement, en un courant soutenu. Le niveau de l’eau a quand même baissé, malgré les inondations.

À droite, la brume, quelques ombres d’arbres, et l’eau qui arrive d’on-ne-sait-où, transportant des branches arrachées par la tempête. . Finalement, j’arrive à apercevoir quelques cîmes.

Je frissonne, j’ ai froid. Je suis vraiment exténuée : j’ai l’impression d’avoir une substance peu catholique dans les veines, alors que je ne suis pas de ces gens-là. Le silence se fait soudain.

La brume se rapproche, à droite, à gauche….

Je penche ma tête en arrière….

Mon corps se décolle du sol…. Je m’évapore…

Et la brume recouvrit tout d’un blanc immaculé.
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